Posté : 19 sept. 2008 17:45
j'ai bien aimé dans le blog de lagacé son article d'hier
Les chefs d’entreprise à 17 000$ de l’heure
"c’est presque un délice de voir les capitaines de Wall Street manger des taloches. J’ai fait allusion à leurs salaires faramineux. Précision : je n’ai rien contre un salaire de fou, quand il peut être justifié. Ce frappeur de .350 payé 15 M$ ? Bien sûr, c’est « trop », c’est évidemment trop, sauf que si tu es le meilleur frappeur dans un marché qui vaut un milliard, ainsi soit-il. Sinon, c’est le patron milliardaire qui empoche plus de profits, aussi bien en faire profiter le prolétaire-athlète. Mais les salaires des patrons de firmes cotées en Bourse ne sont pas fixés par leur performance. Ils sont fixés par un conseil d’administration dont les membres sont généralement des pâtes molles qui approuvent les demandes des hauts dirigeants (pâtes molles nommées par ces mêmes hauts dirigeants). Ça n’a rien à voir avec le « marché ».
Extrait de la chronique de Nicholas D. Kristof, citant John K. Galbraith dans le NY Times d’hier :
John Kenneth Galbraith, the great economist, once explained: “The salary of the chief executive of a large corporation is not a market award for achievement. It is frequently in the nature of a warm personal gesture by the individual to himself.”
Richard Fuld, CEO de Lehman Brothers de 1993 à 2007, a été payé pendant cette période, en incluant salaires et actions, plus d’un demi-millard de dollars US. L’an dernier : 45M$. C’est, note Kristof, 17 000$ de l’heure. E. Stanley O’Neill, le grand patron de Merril Lynch, a empoché 161M$ l’an dernier, à sa retraite. Pas mal pour avoir lancé la firme dans le vide. Pas mal.
Si la compagnie te paie 45M$ par année parce que tu la fais croître de façon exceptionnelle, parce que les profits sont robustes, parce que les actionnaires s’enrichissent, bon, c’est encore beaucoup, beaucoup, beaucoup d’argent. Mais on se dit que les talents exceptionnels, ça se paie. Sauf qu’ici, on parle de deux de pique patentés. Vous me direz que le marché est difficile, que le papier commercial, que la bulle hypothécaire, que la guerre en Irak, et patati et patata, sauf qu’à 17 000$ de l’heure, sorry, tu devrais pouvoir naviguer là-dedans sans détruire ta compagnie et faire disparaître des milliards d’avoirs. C’est, me semble-t-il, un crisse de minimum.
Un lecteur m’a fait le reproche, hier, de me réjouir de ces faillites, de ces employés soudainement à la rue. C’est une belle extrapolation, mais ce n’est pas ce que j’ai dit. Je me réjouis de voir ces hauts dirigeants qui bandent d’ordinaire devant le « libre marché » et l’ « économie libre » rencontrer soudainement leur Waterloo et demander à l’État de venir ramasser leurs jouets cassés. Je ne peux pas m’empêcher de rire. That’s it."
Les chefs d’entreprise à 17 000$ de l’heure
"c’est presque un délice de voir les capitaines de Wall Street manger des taloches. J’ai fait allusion à leurs salaires faramineux. Précision : je n’ai rien contre un salaire de fou, quand il peut être justifié. Ce frappeur de .350 payé 15 M$ ? Bien sûr, c’est « trop », c’est évidemment trop, sauf que si tu es le meilleur frappeur dans un marché qui vaut un milliard, ainsi soit-il. Sinon, c’est le patron milliardaire qui empoche plus de profits, aussi bien en faire profiter le prolétaire-athlète. Mais les salaires des patrons de firmes cotées en Bourse ne sont pas fixés par leur performance. Ils sont fixés par un conseil d’administration dont les membres sont généralement des pâtes molles qui approuvent les demandes des hauts dirigeants (pâtes molles nommées par ces mêmes hauts dirigeants). Ça n’a rien à voir avec le « marché ».
Extrait de la chronique de Nicholas D. Kristof, citant John K. Galbraith dans le NY Times d’hier :
John Kenneth Galbraith, the great economist, once explained: “The salary of the chief executive of a large corporation is not a market award for achievement. It is frequently in the nature of a warm personal gesture by the individual to himself.”
Richard Fuld, CEO de Lehman Brothers de 1993 à 2007, a été payé pendant cette période, en incluant salaires et actions, plus d’un demi-millard de dollars US. L’an dernier : 45M$. C’est, note Kristof, 17 000$ de l’heure. E. Stanley O’Neill, le grand patron de Merril Lynch, a empoché 161M$ l’an dernier, à sa retraite. Pas mal pour avoir lancé la firme dans le vide. Pas mal.
Si la compagnie te paie 45M$ par année parce que tu la fais croître de façon exceptionnelle, parce que les profits sont robustes, parce que les actionnaires s’enrichissent, bon, c’est encore beaucoup, beaucoup, beaucoup d’argent. Mais on se dit que les talents exceptionnels, ça se paie. Sauf qu’ici, on parle de deux de pique patentés. Vous me direz que le marché est difficile, que le papier commercial, que la bulle hypothécaire, que la guerre en Irak, et patati et patata, sauf qu’à 17 000$ de l’heure, sorry, tu devrais pouvoir naviguer là-dedans sans détruire ta compagnie et faire disparaître des milliards d’avoirs. C’est, me semble-t-il, un crisse de minimum.
Un lecteur m’a fait le reproche, hier, de me réjouir de ces faillites, de ces employés soudainement à la rue. C’est une belle extrapolation, mais ce n’est pas ce que j’ai dit. Je me réjouis de voir ces hauts dirigeants qui bandent d’ordinaire devant le « libre marché » et l’ « économie libre » rencontrer soudainement leur Waterloo et demander à l’État de venir ramasser leurs jouets cassés. Je ne peux pas m’empêcher de rire. That’s it."

