Tiens, ça me permet de rebondir là-dessus. Oui, le Onfray du "Souci des plaisirs" convoque Freud dans sa démonstration, mais c'est avant tout par "anti-lacanisme" primaire. Il doit aujourd'hui en regretter un certain nombre de pages.Diogene a écrit :Pour l'avoir lu, vu et écouté, je m'autorise quelques apports sur Onfray. En cela, je m'écarte du coeur du débat sur la psychanalyse pour apporter quelques du grain à moudre sur Onfray, entendu que ce n'est que mon point de vue et que cela n'engage en rien le philosophe ornais. Le mieux étant encore que vous le lisiez.
1) Sur la forme de l'article : Onfray affectionne les postures de combat en recourant régulièrement au style pamphlétaire. S'il prends le temps, dans ses ouvrages, d'exposer sa philosophie dans toute sa complexité, il apprécie recourir à des formes d'expression plus radicale dans d'autres médias (plateaux télé, chroniques). Siné Hebdo se prête bien à ses textes courts, vifs ou bien entendu la pensée n'est pas exposé dans le détail mais dans son incandescence.
2) Sur Freud : je crois Onfray plus fâché avec l'analyse (à comprendre "allongez vous sur le divan, parlez moi de votre mère") que la psychanalise freudienne. S'il l'a critiqué à de nombreuses reprises, son oeuvres est truffé d'emprunts au freudisme (se réconcilier avec soi, les autres le monde ; le pulsion de mort etc...) Dans "Au delà du principe de plaisir" et "Malaise dans la civilisation", Onfray a pioché plein de trucs.
3) Onfray ne nie pas l'inconscient en général ou la construction d'une identité subjective. Il s'écarte toutefois du dogmatisme du freudisme pour y préférer la psychanalyse existentielle de Sartre.
4) Ca n'a pas grand sens de considérer qu'Onfray rejette en bloc tel ou tel auteur/penseur/philosophe. Il faut bien intégrer le point 1) (ce qui relève du pamphlet) et admettre qu'Onfray pioche dans chacun ce qui lui permet de construire sa propre philosophie. Nul n'est obligé d'adhérer aux 10 volumes d'un philosophe mais est-il pour autant nécessaire d'en rejeter la totalité.
Sinon, j'ai lu 400 pages du Crépuscule d'une idole. C'est implacable. Le rejet est total. Bref, le père est tué. Enfin !
