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Posté : 17 mai 2011 15:26
par Yann
Karibou a écrit :Yann a écrit :Robert Badinter a écrit :Quand il est assis au milieu des autres, il est ravalé délibérément au rang du minable dealer
Sérieusement, y'a que moi que ça choque?
On note déja que le "minable" dealer, lui, il est pas présumé innocent, il est juste minable et dealer.
Et que DSK soit au meme rang qu'un autre, c'est pas normal?
Je vais continuer à écouter, mais Badinter part mal. D'ici six minutes, il a de grandes chances d'être un con (à mes yeux).
Nan mais si il est limite c'est surtout parce qu'il parle d'un pote à lui à mon avis. Le truc est malheureux, mais l'idée qu'il sous tend c'est qu'il y a double peine de facto dont une exécutée avant tout jugement.
Clairement pour la double peine.
Ce qui m'ennuie, c'est que dans quasiment toutes les bouches qui ont cité ce problème, on retrouve juste avant l' "argument" étrange visant à dire qu'il est anormal qu'il soit traité comme un vulgaire criminel. Et ça, pour moi, c'est d'une normalité nécessaire.
Attention à ne pas faire l'amalgame entre sa situation et le fait qu'elle soit montrée dans tous les médias et sous tous les angles.
Sa situation est parfaitement normale, son traitement médiatique est à chier.
Posté : 17 mai 2011 15:39
par Karibou
postal a écrit :J'ai entendu des juristes dirent que le principe d'innocence est vallable chez nous comme chez eux. La nuance entre les deux systèmes me semble moins lourde qu'on le dit surtout quand on a de l'argent chez eux
ou quand on évite les comparutions immédiates chez nous.
Oui pour un type fortuné j'ai le sentiment que le système juridique US vaut n'importe quel autre, sa particularité d’agrégation des peines plutôt que de tenir compte de la plus haute et d'annuler les autres est salée tout de même.
Le fait que les US soient démocratiques jusqu'aux bout des ongles engendre du populisme mais je ne trouve pas plus de défaut au populisme judiciaire que le coup du parquet aux ordres vu dans les affaires de karachi et betancourt.
J'aimerais savoir si on oppose le gag du secret défense aussi souvent qu'en france à un juge US par exemple.
Posté : 17 mai 2011 15:48
par Tenou
En fait j'ai du mal à voir ce qui aurait été idéal pour son traitament médiatique.
Il aurait fallu que rien ne fuite pendant 6 mois, le temps d'être sûr de sa culpabilité ?
- "Et au fait, quelqu'un a vu Dodo ? Il est rentré de New-York là ou il est encore en train d'essayer de se taper une stagiaire ? Nan parce que les primaires c'est demain ..."
- "Il a pris des vacances, il a dit qu'il apportait son soutien à Ségolène."
- "Hein ?! C'est quoi ce bordel ?! T'es sûr ? J'vais lui passer un coup de tél quand même pour être sûr."
- "Nan nan nan nan nan nan nan ! En plus on sait pas trop où il est ... euh il a décidé de faire un tour du monde, prendre un peu de distance avec la vie politique, tout ça ..."
A partir du moment où le gars est accusé de viol, tout le reste, "médiatiquement", c'est du détails ...
Alors si c'est une mythomane, c'est terrible pour lui. Si non et s'il est coupable, son traitement médiatique changera pas grand chose à sa vie future et à l'image qui lui collera à la peau.
Et puis perso, je pense que niveau image, vaut mieux pour lui qu'on le voit menotté, pathétique et traité comme n'importe qui, que de le voir lacher 1 million de $ et continuer sa vie de Jabba le Hutt en se disant qu'il est en train de magouiller à coups de biftons pour étouffer l'affaire.
Edit : en fait c'est à moitié de la merde ce que je dis, j'viens de me convaincre de l'inverse. J'me fatigue ...
* soupire *
Posté : 17 mai 2011 15:53
par Karibou
Je pense que ça aurait changé beaucoup de choses pour lui si il n'y avait eu aucune iconographie de sa situation.
Par contre si il a pas eu de caution c'est uniquement parce qu'il est français et que la france extrade pas.
Même Madoff en a eu une alors bon...
Posté : 17 mai 2011 15:59
par Abidbol
Personnellement, je m'en fous maintenant de DSK. Il n a plus d'avenir politique, et il se retrouve comme des milliers de bonhommes à être accusé de viol. Qu'il soit innocent ou coupable n'est pas mon problème.
En revanche, la réaction du PS m'intéresse un peu plus. En cas de culpabilité j'espère que ses "amis" sauront prendre les distances, car il n'y a que dans la Mafia que l'on couvre des crimes au nom de l'amitié.
Et puis ça peut donner une vraie primaire politique, et non une interrogation sur le vote utile dès la primaire.
Posté : 17 mai 2011 16:13
par L'Richos
+1
Posté : 17 mai 2011 16:26
par Abidbol
Sur ce thème, j'aime assez le point de vue bien pensant et exprimé sur un journal gauchiste d’extrême droite, soit Mediapart, défendu par Antoine Perraud.
Les poursuites judiciaires engagées contre Dominique Strauss-Kahn soulèvent de la pire façon (violence et voyeurisme planétaires), avec un chef d'accusation délictueux en diable, ce que la France n'a jamais su affronter: sa complaisance envers ce qu'il est convenu de nommer «les frasques» de son personnel politique.
Certes, en 1959, André Le Troquer, président socialiste de la chambre basse, qui venait de laisser son perchoir au gaulliste Jacques Chaban-Delmas, fut dénoncé puis sanctionné (un an de prison avec sursis). Il avait participé à des «ballets roses». L'expression, forgée par France-Soir, désignait des spectacles érotiques organisés avec des jeunes filles parfois lancées par leur mère. C'était dans la forêt de Fausses-Reposes (Yvelines), au sein du pavillon du Butard alors mis à la disposition du président de l'Assemblée nationale.
En 1965, Antoine Pinay, seule personnalité de droite capable d'inquiéter Charles de Gaulle, aurait été dissuadé de défier le chef de l'État lors des élections présidentielles, en raison de lourds dossiers concernant ses bagatelles.
À part cela, le retour du président Giscard d'Estaing à l'heure dite du laitier, en septembre 1974, passa comme une lettre à la poste. Et la deuxième famille du président Mitterrand, nichée dans les replis de la République, fit presque saliver.
On peut y voir une heureuse exception planétaire, à mille lieues des morales rigoristes anglo-saxonnes.
On peut, au contraire, y distinguer un processus de veulerie gaillarde. Excipant d'une forme de théorie des races et du climat – la gauloiserie méditerranéenne en quelque sorte –, les faiseurs d'opinion s'attachent à justifier «le tabou français». Plus encore qu'en Italie, une «vie sentimentale tumultueuse» (euphémisme longtemps en vigueur) serait un marqueur de l'identité politique nationale. Les électeurs s'identifieraient en toute complicité carnassière, ou bien compenseraient leur faiblesse en la matière grâce à de tels exploits par procuration; en ce pays où le fouteur est roi.
La monarchie n'est jamais loin en France. Dans l'inconscient collectif, le droit de cuissage incombe à l'apanage des hommes de pouvoir. Ogres d'Ancien Régime, ils prélèvent leur tribut en milieu démocratique. Leur libido dominandi va de pair avec l'autorité verticale qu'ils incarnent.
Violentée ou même consentante aliénée, la femme, alors réifiée (au même titre que jadis le sujet colonisé), devient une option en stock, un lot de consolation sexuel, de la chair à frisson. Aux yeux du politicien prédateur, comme du public mis dans la connivence.
Passer de la gaudriole à la réflexion, découpler la politique de la paillardise, refuser que la vie de la cité se satisfasse de l'indignité faite au «beau sexe», est-ce faire preuve de vertu intégriste? Non, c'est refuser cette domination de la femme par l'homme, qui poursuit par tous les moyens sa carrière archaïque dans l'esprit public.
Veulerie gaillarde. J'aime bien.
Posté : 17 mai 2011 16:41
par boulle
Abidbol a écrit :Personnellement, je m'en fous maintenant de DSK. Il n a plus d'avenir politique, et il se retrouve comme des milliers de bonhommes à être accusé de viol. Qu'il soit innocent ou coupable n'est pas mon problème.
En revanche, la réaction du PS m'intéresse un peu plus. En cas de culpabilité j'espère que ses "amis" sauront prendre les distances, car il n'y a que dans la Mafia que l'on couvre des crimes au nom de l'amitié.
Et puis ça peut donner une vraie primaire politique, et non une interrogation sur le vote utile dès la primaire.
+1
Posté : 17 mai 2011 16:45
par Tenou
Landry a écrit :Au bout du compte, s'il est innocent, ces images peuvent faire de lui un ... nouveau Christ. Alors doucement aussi, '"mal rasé, fatigué, pas de cravate , humilié, traîné dans la boue au milieu des minables, bla, bla, bla", ça se remonte et on en tire profit. Attendons, tout est possible.
C'est ce que je me disais y a une demi-heure.
Mais si on avait eu aucune image et que l'affaire avait été classée sans suite, on se serait dit "encore une qui a essayé de profiter de sa réputation". Là, quoi qu'il arrive il aura toujours une tête de coupable.
j'vous promet, j'le fais pas exprès ...
Posté : 17 mai 2011 16:52
par pascal francois
La première que cela m'as fait penser:
http://www.youtube.com/watch?v=B6uDTQX9 ... re=related" onclick="window.open(this.href);return false;
Posté : 17 mai 2011 16:54
par globule_smc
Le tribunal de New York a décidé de maintenir DSK en détention, lundi. Voici les accusations qui pèsent sur lui (traduction Le Point.fr) :
"Le peuple de l'État de New York contre Dominique Strauss-Kahn (M62).
Le détective Steven Lane, matricule 03295 de la brigade de détectives de l'Unité spéciale de Manhattan, constate ce qui suit. Le 14 mai 2011, vers midi, à l'adresse 45 West 44th Street, dans le comté et l'État de New York, la plaignante a déposé plainte sur les chefs d'accusations de :
1. Acte sexuel criminel au premier degré (deux chefs d'accusation)
2. Tentative de viol au premier degré (un chef d'accusation)
3. Abus sexuel au premier degré (un chef d'accusation)
4. Séquestration au second degré - preuve par ADN admise (un chef d'accusation)
5. Agression sexuelle au troisième degré - preuve par ADN admise (un chef d'accusation)
6. Attouchement sexuel - preuve par l'ADN admise (un chef d'accusation)
L'accusé a tenté d'avoir, par la force, une relation sexuelle anale et orale avec une autre personne ;
l'accusé a tenté par la force d'avoir des rapports vaginaux avec une autre personne ;
l'accusé a forcé une autre personne à un contact sexuel ; l'accusé a séquestré une autre personne :
l'accusé a obligé une autre personne à un contact sexuel sans le consentement de cette dernière ;
l'accusé a de façon intentionnelle et sans raison légitime touché les parties sexuelles et autres parties intimes d'une autre personne dans le but d'avilir une autre personne et d'abuser d'elle, et dans le but d'assouvir le désir sexuel de l'accusé.
Ces attaques ont été commises dans les circonstances suivantes : le soussigné déclare que le soussigné a été informé par une personne connue des services du procureur que l'accusé
1) a fermé la porte de la pièce et a empêché la plaignante de quitter cette pièce ;
2) a attrapé la poitrine de la plaignante sans son consentement ;
3) a tenté de retirer de force le collant de cette personne et de toucher la zone de son vagin de force ;
4) a forcé la bouche de la plaignante à toucher son pénis à deux reprises ;
5) a pu commettre ces actes en utilisant sa force physique.
Mais elle était consentente......
Posté : 17 mai 2011 16:58
par -K-
Abidbol a écrit :Personnellement, je m'en fous maintenant de DSK. Il n a plus d'avenir politique, et il se retrouve comme des milliers de bonhommes à être accusé de viol. Qu'il soit innocent ou coupable n'est pas mon problème.
En revanche, la réaction du PS m'intéresse un peu plus. En cas de culpabilité j'espère que ses "amis" sauront prendre les distances, car il n'y a que dans la Mafia que l'on couvre des crimes au nom de l'amitié.
Et puis ça peut donner une vraie primaire politique, et non une interrogation sur le vote utile dès la primaire.
complètement. rien à cirer, il avait de l'importance uniquement par son profil de contreur de Sarkozy ; la seule chose à en retirer c'est qu'il va falloir une sacrée réorganisation et de l'intelligence collective pour faire face et éviter ce qui semblait improbable il y une semaine.
Posté : 17 mai 2011 17:00
par -K-
Posté : 17 mai 2011 17:02
par José
Oui oui je suis bien José "père" et oui je sais c'est de l'anglais...
Posté : 17 mai 2011 17:09
par L'Richos
Abidbol a écrit :Sur ce thème, j'aime assez le point de vue bien pensant et exprimé sur un journal gauchiste d’extrême droite, soit Mediapart, défendu par Antoine Perraud.
Les poursuites judiciaires engagées contre Dominique Strauss-Kahn soulèvent de la pire façon (violence et voyeurisme planétaires), avec un chef d'accusation délictueux en diable, ce que la France n'a jamais su affronter: sa complaisance envers ce qu'il est convenu de nommer «les frasques» de son personnel politique.
Certes, en 1959, André Le Troquer, président socialiste de la chambre basse, qui venait de laisser son perchoir au gaulliste Jacques Chaban-Delmas, fut dénoncé puis sanctionné (un an de prison avec sursis). Il avait participé à des «ballets roses». L'expression, forgée par France-Soir, désignait des spectacles érotiques organisés avec des jeunes filles parfois lancées par leur mère. C'était dans la forêt de Fausses-Reposes (Yvelines), au sein du pavillon du Butard alors mis à la disposition du président de l'Assemblée nationale.
En 1965, Antoine Pinay, seule personnalité de droite capable d'inquiéter Charles de Gaulle, aurait été dissuadé de défier le chef de l'État lors des élections présidentielles, en raison de lourds dossiers concernant ses bagatelles.
À part cela, le retour du président Giscard d'Estaing à l'heure dite du laitier, en septembre 1974, passa comme une lettre à la poste. Et la deuxième famille du président Mitterrand, nichée dans les replis de la République, fit presque saliver.
On peut y voir une heureuse exception planétaire, à mille lieues des morales rigoristes anglo-saxonnes.
On peut, au contraire, y distinguer un processus de veulerie gaillarde. Excipant d'une forme de théorie des races et du climat – la gauloiserie méditerranéenne en quelque sorte –, les faiseurs d'opinion s'attachent à justifier «le tabou français». Plus encore qu'en Italie, une «vie sentimentale tumultueuse» (euphémisme longtemps en vigueur) serait un marqueur de l'identité politique nationale. Les électeurs s'identifieraient en toute complicité carnassière, ou bien compenseraient leur faiblesse en la matière grâce à de tels exploits par procuration; en ce pays où le fouteur est roi.
La monarchie n'est jamais loin en France. Dans l'inconscient collectif, le droit de cuissage incombe à l'apanage des hommes de pouvoir. Ogres d'Ancien Régime, ils prélèvent leur tribut en milieu démocratique. Leur libido dominandi va de pair avec l'autorité verticale qu'ils incarnent.
Violentée ou même consentante aliénée, la femme, alors réifiée (au même titre que jadis le sujet colonisé), devient une option en stock, un lot de consolation sexuel, de la chair à frisson. Aux yeux du politicien prédateur, comme du public mis dans la connivence.
Passer de la gaudriole à la réflexion, découpler la politique de la paillardise, refuser que la vie de la cité se satisfasse de l'indignité faite au «beau sexe», est-ce faire preuve de vertu intégriste? Non, c'est refuser cette domination de la femme par l'homme, qui poursuit par tous les moyens sa carrière archaïque dans l'esprit public.
Veulerie gaillarde. J'aime bien.
Enorme article !