Jay est la pute. C'est tout ce que tu dois savoir.
ampli-reglage de la vis de tension de surface de la grille d'une anode comme la phase bias, obligé en tension tout autant que comme mécaniques de transport-déroulement de bande
Alors, avec tout le respect que j'ai pour Boon, avec qui j'ai cet été passé plus d'une heure délicieuse à la radio (sur France cucu, oui oui, des questions intelligentes, des réponses qui du coup l'étaient, peu d'extraits de sketchs...) et comme je suis un polémiste téméraire, je vais tenter d'expliquer en d'autres termes mon point de vue.
Le film est certainement très bien, je n'en doute pas.
Les gens qui le voient ne sont pas des démeurés (enfin, il n'y a que la mauvaise foi d'stb pour mettre ça en filigrane dans mes propos alors que j'ai toujours pris le soin de préciser que ça n'avait pas de rapport)
Pourtant
Je me permets, sans l'avoir vu, d'affirmer que ce film est "de la merde"
double paradoxe: je ne l'ai pas vu et viens de concéder qu'il est surement très bien
Or, campé sur mes jambes un peu flexes, le centre de gravité abaissé, je le redis, je pense que c'est de la merde. Pourquoi?
Je pense que toute œuvre, quelle que soit sa prétention, est susceptible de proposer, en plus d'un divertissement (narratif (quoi de plus divertissant que "il était une fois"?) ou au moins une énigme qui constitue une porte d'entrée dans l'œuvre) une chose impalpable qui fait appel à l'inconscient collectif et qui le nourrit, le charge dans l'objectif d'un progrès possible.
Que la forme soit tragique, dramatique, comique ou farcesque, c'est pareil, les paramètres sus-évoqués restent d'actualité
Or le film de Boon, surement parfait dans les ressorts comiques, captivant par l'énigme (bien menée à défaut d'être originale (on s'en fout) ne nourrit pas du tout cet inconscient collectif.
-Comment peut-il dire ça, il l'a pas vu le con!!?
Quel est le projet?
Faire rire avec des clichés qu'on démonte. On lutte contre la xénophobie (la crainte de l'étranger, de la différence, pas ce que la télé emploie comme synonyme à "racisme") parce qu'on peut rire de nos différences et c'est tendre de voir qu'au fond, au delà de nos cultures les hommes sont tous frères.
Partir des lieux communs sur un particularisme local pour arriver à une conclusion universelle de tolérance.
Donc, la fable de ce film a trait au cliché, la xénophobie, le particularisme local et la tolérance, j'imagine que cette fable est portée par des thèmes comme l'amour, la trahison, la cupidité...
Ces thème et cette fable n'ont rien de scandaleux, tout au contraire, parlons en, il y en a grand besoin.*
* à ce moment, je pense que la grande majorité est d'accord avec moi
Or, quel est le point de vue proposé?
-les clichés s'est bête, je veux dire c'est rigolo mais faut les dépasser
-la xénophobie, l'intolérance c'est mal
-les particularismes locaux c'est bien, car on peut s'enrichir au contact d'autrui
-nous sommes riches de nos différences pour peu qu'on prenne le temps de s'y attarder
-les hommes sont frères
Autrement dit, rien.
Rien que le degré zéro de réflexion sur chaque thème, ce qu'un enfant de 4 ans vous ferait remarquer après un exposé un peu bateau qu'on terminerait pas très convaincu.
Rien qui ne nourrisse l'inconscient collectif, tout pour conforter chacun dans des lieux communs et par delà même, dans un mode de vie donné. Aucune addition, aucun progrès, aucune révolte, voire même pire, une sorte de populisme culturel qui ferait qu'on appelle les flics quand le voisin fait du bruit mais qu'on est tolérant parcequ'on a rigolé devant les cht'is et que ce film démonte les lieux communs.
C'est là où ce populisme culturel est dangeureux...qui veut gagner des millions on identifie tout de suite le côté cradoque, là, non, on tente de le maquiller...ça revient à procurer au spectateur hilare une bonne conscience parceque le film est bien, mais une bonne conscience discount, puisqu'il n'y a aucun point de vue dépassant le degré zéro sur chaque thème. C'est bien, clairement pas méchant ni cradoque, mais en terme d'addition à l'inconscient collectif, le désert, rien. Tiens, vlà pour ton sens du poil mon bon.
Là on me dit "tu exagères, tu l'as pas vu, t'es élitiste"
J'ai la naïveté de penser qu'avec tout ces ingrédients, on peut faire le même film, aussi tendre, drôle, populaire et visible par des millions de gens en ayant un point de vue sur les thèmes. En soulevant des petits lièvres que les gens ramènent chez eux après. Pas en écrivant un tract, en mettant une émotion sur un paradoxe, et oui, c'est pas élitiste ça, c'est un acte artistique.
Par exemple, la cité de la peur, j'ai été ému de rire autant, du projet formel des scènes, et dans chacun des sujets traités il y avait un point de vue subversif, ou tout du moins décalé, pas les degrés zéros de la bienséance morale. Je ne crois pas que ça ai fait de ce film un objet inaccessible. Quant à la fable, qu'on l'ai captée ou pas, elle était là, elle s'est au moins glissée dans l'inconscient collectif avec douceur, pas avec des bottes ou des tracts ronéotypés.
Donc là, ce film draine des millions de spectateurs pour voir le degré nul de point de vue sur les thèmes abordés, alors qu'avec les mêmes ingrédients on pouvait rencontrer le même succès.
Le cliché...c'est super, quoi de plus exploitable, mais quel point de vue est porté? Rien, c'est mal..Je sais pas, mais un film débordant de clichés jusqu'à l'indigestion peut être tout aussi marrant, tout en posant la question du comment, du sens, en faisant une addition entre ce que l'on montre et ce que ressent le spectateur. Ici, pas d'addition, on te livre le paquet, t'as rien à faire qu'à signer là, et en plus pas de surprise dedans, pi en plus il marche pas, tu peux même pas jouer avec, que le regarder.
D'où ma réflexion provoc d'hier...les gens qui l'ont vu défendent qu'un film puisse être bien et vide, uniquement divertissant, parcequ'ils se sont fait arnaqué leur inconscient et qu'il n'y a pas grand chose de pire. On m'a pris pour un con? Et alors? je préfère me faire avoir par un type sympa que par un connard. Bah non, c'est pire.
Voilà pourquoi je n'en démords pas, ce film vend une morale clef en main humaniste tout en arnaquant les humains, on leur réfutant toute capacité de réflexion. Ce en quoi c'est une merde.
Ne me dîtes pas qu'il faut être chiant pour être intelligent et qu'il faille être médiocre pour être divertissant, les deux sont tout à fait compatibles, la différence se situe dans le projet de départ en ajoutant le soucis de pas arnaquer les gens.
Je pense que j'en ai oublié parceque je rédige ce message depuis 8h ce matin tout en faisant autre chose, ne m'en veuillez pas s'il y a quelques ellipses de raisonnement.
Sous l’Iris, sous la peau
Sous les ongles et dans l’étau
Willemot a écrit :Whouhou, les plumes sont de sortie ce matin.
Euh nan là, après ton cour de modestie dispensé à Karibou, t'es censé ne pas être d'accord avec Natha Bon ok on s'en branle, c'était juste du mauvais esprit.
Willemot répondant à Karibou a écrit :J'y retiens pour ma part (je peux me tromper remarque) qu'en gros, tu n'aimes pas "Bienvenu chez les Chtis" parce parce que ça cartonne, que c'est un phénomène -ponctuel- de société, que du voisin de palier au limitrophe de comptoir ça te soûle d'entendre "biloute" ou "j'ai adoré ce film, c'est si proche de nous" alors que toi, tu t'en sens si loin
Je réponds, non pas à la place de Karibou, mais tel que je comprends l'argumentaire de l'animal.
Ce n'est pas parce qu'une masse a apprécié ce film que Karibou ou d'autres ici, se retirent sur une île déserte et contemple de loin le troupeau bélant, riant ensemble au cinéma. J'ai l'impression que c'est plus une critique du "produit". La critique d'un mode de fabrication, qui pour donner ce résultat : un succès populaire-commerciale, engendre comme dégats collatéraux un déperdition dans la création. les Chtis phagocytent médiatiquement et financièrement un cinéma qui pourrait être plus divers, plus audacieux et au final jouer son rôle de diffuseur d'un impalpable évoqué par Retour.
Il n'est pas ici question de goûts et de couleurs, d'ailleurs 10 pages n'auraient pas été écrites si la problématique était demeurée : j'aime, j'aime pas.
Je précise que je n'ai pas vu le film, que je m'en fous, mais que ça m'énerve qu' a chaque résumé de France 2 Foot d'un match à Valenciennes, Lille ou Lens, le commentateur se sente obligé de filer grossièrement la métaphore de bienvenue-chez-les-chtis.
Natza, globalement je suis d'accord avec toi. A ceci près que j'ai beau aimer les films subversifs, un film gentil fait du bien aussi de temps en temps.
Et puisque tu parles de la cité de la peur par exemple (qui reste pour moi THE film culte), certes les ch'tis n'arrivent pas à la cheville mais reste un bon moment de divertissement.
En fait on en revient là à l'éternel débat philosophique sur l'objet de l'art : est-il de divertir ou d'apprendre ?
Concernant les ch'tis je pense qu'au niveau du divertissement c'est gagné. Mais je pense aussi que montrer une région sous un regard plutôt juste (ni complaisant ni méprisant) contribue à ouvrir l'esprit de certaines personnes qui jamais ne foutront les pieds dans le Nord (d'ailleurs je crois que c'est Titou qui parlait de la scène avec Galabru qui est magnifique sur justement la fracture nord-sud en France).
Autre chose Natza, quand tu dis ça :
Or, quel est le point de vue proposé?
-les clichés s'est bête, je veux dire c'est rigolo mais faut les dépasser -la xénophobie, l'intolérance c'est mal -les particularismes locaux c'est bien, car on peut s'enrichir au contact d'autrui -nous sommes riches de nos différences pour peu qu'on prenne le temps de s'y attarder -les hommes sont frères
En effet, toi et moi sommes convaincus de ces différents points, c'est une évidence ! Mais ce n'est pas forcément le cas de tous, et un p'tit film pour le rappeler en ces temps de haine et de communautarisme ne peut pas forcément faire de mal.
J'ai tendance à préférer l'art dans ce qu'il a de noir (un de mes auteurs préférés est quand même Lovecraft...), je préfères cette esthétique et j'ai tendance à la trouver plus "noble". Mais une petite œuvre "gentille" et "bien-pensante" de temps en temps, ça décontracte un peu les neurones et ça ne fait pas de moi quelqu'un de plus idiot ou manipulable.
Je regardais l'autre jour l'excellente émission de Frédéric Taddéi et ils (je ne me souviens plus des protagonistes) parlaient de Disco vs les ch'tis. Et là tout le monde était d'accord que le premier est un film méchant et dénué d'intérêt, et le second un film drôle, fin et intelligent.
Natha a écrit :Je pense que toute œuvre, quelle que soit sa prétention, est susceptible de proposer, en plus d'un divertissement (narratif (quoi de plus divertissant que "il était une fois"?) ou au moins une énigme qui constitue une porte d'entrée dans l'œuvre) une chose impalpable qui fait appel à l'inconscient collectif et qui le nourrit, le charge dans l'objectif d'un progrès possible.
C'est faux - smiley fier de lui- . Nul besoin de narration ou d'énigme, l'œuvre peut être simplement une performance (Wahrol qui se filme une journée entière sans bouger, la narratioon est nulle) ou plus ultime encore une fin en soi (minimalisme, l'énigme n'existe pas).
Abidbol a écrit :Je précise que je n'ai pas vu le film, que je m'en fous, mais que ça m'énerve qu' a chaque résumé de France 2 Foot d'un match à Valenciennes, Lille ou Lens, le commentateur se sente obligé de filer grossièrement la métaphore de bienvenue-chez-les-chtis.
Moi aussi Abidbol, tu n'imagines pas à quel point ça me gonfle ! Mais le film, l'oeuvre de Danny Boon n'en est pas responsable. Les responsables sont les journaleux incapable de trouver autre chose à dire.
Et Abidbol, je t'explique parce que visiblement tu as raté ce passage de l'intervention de Karibou : dire qu'il hait bienvenue chez les ch'tis parce que c'est commercial et que dans le même temps Brice de Nice est génial, faut arrêter 2 secondes les conneries. Brice est quand même 100 fois plus commercial que les ch'tis (à moins que vous ayez oublié le tapage médiatique insupportable à sa sortie !) donc l'exemple est quand même particulièrement mal choisi !
Ça arrive à tout le monde de dire des conneries, et là ben il en a juste sorti une énorme et préfères persister plutôt que de réfléchir 2 minutes, c'est dommage.
L'Ul, je suis d'accord, c'est une question de choix, tu éludes la narration mais pas l'énigme. C'est un choix, ce qui n'empêche que l'énigme est une forme de narration, car elle fonctionne comme un fil tendu pour choper le spectateur. Là, on substitue le "va t-il s'apercevoir qu'elle planque un couteau?" à "mais pourquoi il fait ça, qu'est ce qui va se passer?", dans les deux cas, si c'est bien fait c'est captivant.
Pi tu ne contredis pas ce que tu cites, où je dis qu'une œuvre est un support qui peut rassembler les deux dimensions, question de choix.
Seb, à nous deux!
Tu crois qu'un film subversif est un film non gentil, à savoir méchant? Parce qu'il t'emmène sur un petit sentier pas battu par les lieux communs moralisateurs il est méchant avec toi?
Je n'ai jamais dit que l'art devait apprendre quoi que ce soit. L'art qui apprend j'appelle ça la propagande, d'où mes allusions aux tracts, bottes et autres ronéotypes.
Je le redis il s'agît d'une chose en plus, qui en douceur, te prend où tu es et te proposes de partir ailleurs. Tu marches ou tu marches pas c'est pas grave. Tu t'en rends compte après? pas grave non plus. C'est juste qu'on t'a pas pris pour un con en te mettant devant un bunker, il y avait des failles, des portes secrètes, tu es allé ou pas, au moins on t'a donné l'occase. Rien à voir avec la propagande, juste proposer des chemins de traverse, des projets de pique nique, et une addition entre ce que l'on te montre et ce que tu captes. On te laisse une place en quelque sorte, et ça, c'est pas de l'apprentissage, c'est de la politesse.
Quant à ton argument sur les gens à qui ont a besoin de rappeler ces quelques trucs, c'est bien normal, depuis le temps qu'on les prends pour des cons à ne leur laisser aucune place dans aucune oeuvre et en leur livrant des idées toutes faîtes à base de morale discount, ils sont réellement devenus con.
Et je répète, il ne s'agît pas d'être noir pour être brillant, médiocre pour être drôle, enfin tu vois quoi.
Sous l’Iris, sous la peau
Sous les ongles et dans l’étau
Sebmalherbe a écrit :un p'tit film pour le rappeler en ces temps de haine et de communautarisme ne peut pas forcément faire de mal. .
Ch'te l'dit mon Seb, le concept de la haine et du communautarisme c'est un truc inventé et entretenu par Dany Boon et ses confrères de l'entertainement pour mieux nous faire avaler leur vomis pacificateur.
C'est un choix, ce qui n'empêche que l'énigme est une forme de narration, car elle fonctionne comme un fil tendu pour choper le spectateur
Ui bien sûr je n'ai pas dit le contraire, dans le cas d'une œuvre littéraire (littérale ?) et lisible ça marche. Mais ch'te parlais, d'œuvre abstraite et ultime (cf. Mondrian). Je reste convaincu que le minimalisme élude l'énigme et la narration en ne disant rien d'autre que "je suis une œuvre". Less is more, ils disaient les copains de Donald Judd. En revanche l'énigme peut demeurer dans l'esprit du regardeur, qui lui est libre de penser c'qu'il veut lui. C'est ça qu'est génialissime. J'ai raison, c'est tout.