Re: Contributions au débat politique
Posté : 08 avr. 2019 08:23
On parle beaucoup de légitimité démocratique sur ce forum. Ce qui se passe en Espagne depuis quelques mois est intéressant. C’est un système parlementaire qui représente un bon exemple des limites du parlementarisme sur le plan de la légitimité démocratique et son effet paradoxalement très intéressant sur le plan politique.
L’Espagne n’échappe pas au mouvement d’atomisation de l’offre politique en Europe ; les grands blocs se fissurent et se morcellent en plusieurs mouvements antagonistes ce qui fait que les forces démocratiques se diluent à se battre entre elles, abaissant les seuils d’élection (exemple très visible : France 2002). Mais dans les régimes parlementaires, ça conduit inévitablement à des majorités introuvables puisque personne ne peut plus prétendre atteindre les seuils pour gouverner, à moins de coalitions cheloues.
En Espagne, si la droite du PP avec Rajoy arrivait largement en tête et la gauche du PSOE de Sanchez était dans les choux façon Hamon 2017, il y avait entre eux deux mouvements « neufs », un de centre droit Ciudadanos qui représente une forme de spectre politique macroniste et un de gauche « vraie », Podemos.
Aucun accord de gouvernement ne pouvant être trouvé (equation impossible style Brexit), impossibilité de former un gouvernement, donc nouvelles élections. Le PP est toujours en tête, mais Podemos recule fortement, faute à un désaccord sur la stratégie. Devant le risque de ne toujours pas avoir de gouvernement, à l’initiative de Sanchez devenu Looser en Chef, Rajoy est réinvesti à la tête d’un gouvernement désormais minoritaire (134 sur 350).
Mais voilà, la Justice les affaires, comme souvent avec la droite rattrape tout le monde. Sanchez réussit à convaincre les députés de voter une motion de censure contre Rajoy et de l’investir lui.
Du coup, il se retrouve à la tête du Gouvernement avec seulement 84 députés sur 350. En matière de légitimité démocratique, on a vu mieux !
Président d’un gouvernement démocratiquement illégitime, il a lancé :
-Hausse du SMIC de 36% en deux ans (en même temps, on partait de loin)
-Un plan contre l’exploitation des travailleurs
-Augmentation des cotisations retraites sur les hauts revenus
-Mesures fortes sur la transition énergétique
-Rétablissement de l’accès universel à la santé, y compris aux étrangers, aux retraités expat,
-Affirmation de la primauté des conventions collectives et tentative (ratée) de restaurer le code du travail cassé par la droite
-Fléchage de l’augmentation des impôts sur les banques pour financer les retraites
-Un plan logement de 1,4 milliard
-Restauration de l’accès aux soins pour les migrants en situation irrégulière
-Suppression des juridictions d’exception pour les politiques, voire pour l'ancien roi.
Et d’autres mesures sur la fiscalité, la politique de mémoire….
Le bilan est qu'il existe une perspective pour la gauche au pouvoir. Que le fondement démocratique de ces mesures que j'aimerais voir ici se pose quand même un peu. Au final, aucun système politique connu ne peut garantir la perfection démocratique.
L’Espagne n’échappe pas au mouvement d’atomisation de l’offre politique en Europe ; les grands blocs se fissurent et se morcellent en plusieurs mouvements antagonistes ce qui fait que les forces démocratiques se diluent à se battre entre elles, abaissant les seuils d’élection (exemple très visible : France 2002). Mais dans les régimes parlementaires, ça conduit inévitablement à des majorités introuvables puisque personne ne peut plus prétendre atteindre les seuils pour gouverner, à moins de coalitions cheloues.
En Espagne, si la droite du PP avec Rajoy arrivait largement en tête et la gauche du PSOE de Sanchez était dans les choux façon Hamon 2017, il y avait entre eux deux mouvements « neufs », un de centre droit Ciudadanos qui représente une forme de spectre politique macroniste et un de gauche « vraie », Podemos.
Aucun accord de gouvernement ne pouvant être trouvé (equation impossible style Brexit), impossibilité de former un gouvernement, donc nouvelles élections. Le PP est toujours en tête, mais Podemos recule fortement, faute à un désaccord sur la stratégie. Devant le risque de ne toujours pas avoir de gouvernement, à l’initiative de Sanchez devenu Looser en Chef, Rajoy est réinvesti à la tête d’un gouvernement désormais minoritaire (134 sur 350).
Mais voilà, la Justice les affaires, comme souvent avec la droite rattrape tout le monde. Sanchez réussit à convaincre les députés de voter une motion de censure contre Rajoy et de l’investir lui.
Du coup, il se retrouve à la tête du Gouvernement avec seulement 84 députés sur 350. En matière de légitimité démocratique, on a vu mieux !
Président d’un gouvernement démocratiquement illégitime, il a lancé :
-Hausse du SMIC de 36% en deux ans (en même temps, on partait de loin)
-Un plan contre l’exploitation des travailleurs
-Augmentation des cotisations retraites sur les hauts revenus
-Mesures fortes sur la transition énergétique
-Rétablissement de l’accès universel à la santé, y compris aux étrangers, aux retraités expat,
-Affirmation de la primauté des conventions collectives et tentative (ratée) de restaurer le code du travail cassé par la droite
-Fléchage de l’augmentation des impôts sur les banques pour financer les retraites
-Un plan logement de 1,4 milliard
-Restauration de l’accès aux soins pour les migrants en situation irrégulière
-Suppression des juridictions d’exception pour les politiques, voire pour l'ancien roi.
Et d’autres mesures sur la fiscalité, la politique de mémoire….
Le bilan est qu'il existe une perspective pour la gauche au pouvoir. Que le fondement démocratique de ces mesures que j'aimerais voir ici se pose quand même un peu. Au final, aucun système politique connu ne peut garantir la perfection démocratique.















