Page 1188 sur 1889

Re: Contributions au débat politique

Posté : 09 sept. 2014 21:47
par François de Malherbe
graham a écrit :J'ai pas bien compris ce que j'étais sensé sous-entendre. Je disais qu'il y avait trop de fonctionnaires pour qu'ils soient bien payés.
D'après le Collectif pour un audit citoyen de la dette, la part des dépenses de l'Etat rapporté au PIB a baissé de deux points entre 1978 et 2012. Le déficit vient des réductions d'impôts accordés aux plus riches et des intérêts accordés aux riches prêteurs.
On peut reprendre, l'assertion de l'auteur d'un article d'un canard peu goûté par ici, que l'adversaire de Hollande n'est pas la finance, mais les salaires. Sur cette politique actuelle visant les salaires, on voit le chemin qui conduit à la récession selon l'équation suivante :
↓ salaires = ↓ consommation = ↓ production = ↓ investissements = ↓ prix = déflation = ↑ dette = ↓ dépense publique = ↓ salaires...etc.

Une spirale entamée en 1983 avec ce que l'économiste Alain Cota a appelé le "don Delors" : la désindexation des salaires sur l'inflation, soit 232 milliards de francs prélevés sur les salaires entre 1983 et 1986.
La logique marche à plein avec notre président de droite complexée, puisqu'entre juillet 2012 et juillet 2014, le pouvoir d'achat du smic net a baissé de 1,5%.
Le libéralisme échevelé se nourrit de la crise et n'a aucune raison de vouloir en finir avec elle, puisqu'il ne gagne jamais autant qu'en temps de crise, tandis qu'il obtient la destruction de la justice sociale. Pour la première fois depuis l'après-guerre, les employeurs ont obtenu le droit d'avoir les mains libres pour baisser les salaires, augmenter les heures travaillées ou obliger l'employé à changer d'unité de production quel que soit le contrat. Il faut certes obtenir l'accord de syndicats représentant plus de 50% des salariés. Mais en période de chômage massif, ce n'est guère difficile !
Chez Renault, l'accord a conduit à augmenter le temps de travail en réduisant le nombre de jours de congés (de 16% en moyenne), à bloquer les salaires tout en réduisant les effectifs de 15%. Pas étonnant que le groupe ait multiplié ses profits par 20 !
Comme le résume Frédéric Lordon, il est plus simple de fustiger les postiers et les cheminots comme des "preneurs d'otages", que le capital, qui vise bel et bien à mettre la société tout entière sous sa coupe réglée. Car, quand l'accès à la monnaie est le point de passage obligé de la simple survie, il apparaît que le fond du salariat, c'est le pistolet sur la tempe.

Re: Contributions au débat politique

Posté : 09 sept. 2014 21:53
par François de Malherbe
Simply the Best a écrit :Nicolas Sarkozy avait commencé à réduire les inégalités en France ...
_____________________________________________________________________

En France métropolitaine, le niveau de vie médian s'élevait à 19 740 euros annuels en 2012. L'INSEE constate une baisse 1 % par rapport à l'année précédente. Toutes les catégories de revenus sont en recul, mais de manière plus marquée en bas et en haut de l'échelle. Pour les 10 % les plus aisés, le niveau de vie médian diminue ainsi de 2 %, effaçant la hausse qu'ils avaient connue au cours des deux années antérieures. Il se monte désormais à 37 430 euros annuels. Chez les 10 % les plus modestes, la baisse de 1,2 % prolonge une dégradation entamée dès 2009. Leur niveau de vie est inférieur à 10 610 euros. Les catégories intermédiaires sont moins touchées, avec des baisses s'échelonnant de 0,5 % à 1 %. Chez les plus riches, la tendance s'explique, d'une part, autant par la baisse des revenus du patrimoine que par la baisse des revenus d’activités et, d'autre part, par la hausse des impôts. Chez les ménages les plus fragiles, c'est la montée du chômage qui joue en premier lieu, ainsi que le niveau des prestations sociales dont le montant a augmenté moins vite que l'inflation. Ces évolutions parallèles expliquent que les inégalités de niveau de vie se soient légèrement réduites entre 2011 et 2012. Par ailleurs, l'INSEE constate un léger recul de la pauvreté. Fixé par convention à 60 % du niveau de vie médian de la population, le seuil de pauvreté s'établit désormais à 987 euros mensuels. La pauvreté concerne aujourd'hui 8,5 millions de personnes (13,9 % de la population), contre 8,7 millions en 2011 (14,3 %). Les plus touchées sont les familles monoparentales. Cependant, l'intensité de la pauvreté augmente, à savoir que le niveau de vie des personnes pauvres s'éloigne de plus en plus du seuil de pauvreté.
Pendant ce temps là, dans ce beau paradis qu'est la Suisse, il y a de plus en plus de gens qui demandent l'aide sociale.

Image

Re: Contributions au débat politique

Posté : 09 sept. 2014 23:11
par jesperolsen
Putain, mais l'enfilage de perles qu'on croit sorties du gosier de la première Agnès Verdier-Molinier venue ... Pour quelqu'un qui se réclame de l'esprit critique, c'est étonnant.
La politique de relance par le pouvoir d'achat, ça ne marche pas.
A certaines conditions, si, mais je n'aime pas trop le terme vague de pouvoir d'achat. Si c'est baisser les impôts des plus riches, non, ça ne serait pas très efficace.
Une relance intelligente, ça fonctionne ; ça a marché aux Etats-Unis par exemple, alors que la crise a été initialement beaucoup plus violente là-bas. Le Japon regrette aujourd'hui de ne pas l'avoir fait dans les années 1990.
Le risque de déflation qui pèse sur l'Europe l'oblige de toutes façons. Ce n'est pas parce que ça s'est soldé par un échec en 1983 que toute politique de relance est vouée à l'échec !
Krugman évoque ce traumatisme bizarre, propre à la France dans un billet de blog très récent : http://krugman.blogs.nytimes.com/2014/0 ... =Body&_r=2
Selon lui, la France (et Graham donc) est hypocondriaque. Elle accepte donc qu'on lui inflige un traitement inefficace (l'austérité) car elle traite un problème qui n'est pas le problème du moment. La France n'est pas la seule victime de tels troubles : les Etats-Unis restent excessivement traumatisés par la stagflation des années 1970 et l'Allemagne par l'hyperinflation du début des années 1920.
bond de la courbe du chômage, de l'inflation
La hausse du chômage, tu l'as déjà. L'inflation, tu n'en as pas.
Ne compare pas avec les années 1980 : alors, on venait de sortir des chocs pétroliers : c'est ça qui a nourri l'inflation + l'indexation ! Aujourd'hui, tu n'as ni l'un ni l'autre !
Quant à la dette publique, on s'approche des 100% du PIB.
On les a même dépassé, et on a un ratio proche de celui du Royaume-Uni.
Et alors ?
On est à 200% au Japon. Les USA vers 94%. Ils vont plus mal que nous ?
Avant la crise, l'Espagne respectait les critères de Maastricht (moins de 60%). Et aujourd'hui ???
Encore une fois, le problème n'est pas là mais bien, comme FdM l'a indiqué, dans la faiblesse de la demande.

On est plus proche d'un scénario des années 1930 quand Laval mettait en place la politique de la déflation compétitive que de la relance Mauroy du début des années 1980.
En plus, Laval, ça devrait te parler comme parcours.

Re: Contributions au débat politique

Posté : 10 sept. 2014 10:01
par François de Malherbe
graham a écrit :La politique de relance par le pouvoir d'achat, ça ne marche pas.
ça a mieux marché en France sous le Front Populaire et aux USA lors du New Deal, qu'à l'occasion de la politique de déflation sous Pierre Laval.

D'ailleurs, ça a marché où et quand la politique de déflation ?

Re: Contributions au débat politique

Posté : 10 sept. 2014 10:32
par jesperolsen
Evidemment que la relance de 1981 n'a pas marché !
Cela ne signifie pas qu'une relance coordonnée dans le cadre de l'euro ou qu'une relance en cas de sortie de l'euro ne peut pas être efficace. C'est la seule politique économique qui serait efficace en ce moment.
Pour le côtoyer (et pas dans le cadre politique), Liêm dit bien la même chose !

Re: Contributions au débat politique

Posté : 10 sept. 2014 10:33
par jesperolsen
Si jesperolsen avait été un ecclésiastique au temps l'inquisition, sûr qu'il aurait envoyé au bûcher ceux qui auraient osé affirmer que la terre tourne autour du soleil.
C'est moi qui défends la politique actuelle qui ne fonctionne pas, qui accroît le chômage et qui a déclenché la crise ?

Re: Contributions au débat politique

Posté : 10 sept. 2014 11:15
par François de Malherbe
graham a écrit :Quant à dire que le Front populaire ou même la politique de relance sous Roosevelt ont été des succès économiques, tu t'avances un peu trop.
J'ai pas dit que ces politiques avaient été des succès absolus, j'ai dit que ça avait mieux fonctionné que la déflation, nuance !
Je sais par ailleurs que tu contestes visiblement le fait que l'augmentation fulgurante des salaires alliée à la baisse du temps de travail (semaine de 40 heures + 15 jours de congés payés...là où il y avait 0 jour avant) n'ont pas été acquis par un rapport de force inédit imposé au capital. Et pourtant ! On connaît le discours de la droite d'alors, sur l'axiome : "aucun pays au monde ne fait ça*..." ; qui servira à l'Etat-Major militaire afin de masquer son incurie en dénonçant l'esprit de jouissance comme seul responsable de la débâcle de 40. La revanche haineuse sera terrible !
Aujourd'hui, être de gauche c'est donc refuser la souveraineté du capital. C'est bien la raison pour laquelle le discours du Front National est caduc : il est impossible de retrouver simplement une souveraineté nationale sans s'affranchir de l'hégémonie du capital sur les nations.

* Sempiternelle rengaine entonnée depuis lors.

Re: Contributions au débat politique

Posté : 10 sept. 2014 11:25
par Jon Machin
si même les jésuites disent que l’austérité c'est pas bien !

Selon l'économiste jésuite, la politique d'austérité budgétaire aggrave la spirale de la déflation. Pour l'auteur d'Illusion financière, c'est d'abord aux banques de se désendetter. L'Etat, lui, devrait s'engager d'urgence dans la transition énergétique.
Je dirais simplement que la politique d'austérité préconisée par l'Europe et l'Allemagne se trompe de diagnostic. Souvent, on nous explique que la cause de la crise actuelle – chômage, panne de croissance, etc. – se trouve dans l'excès d'endettement public des Etats. Quelle est la preuve de cette affirmation ? En réalité, la cause de la crise économique actuelle est la déflation dans laquelle toute l'Europe est en train de tomber. Cette déflation provient de l'excès de l'endettement privé, pas public. Je vous rappelle que l'endettement des Etats tourne autour de 90 % du PIB en moyenne dans la zone euro, proche de celui des entreprises non-financières. L’endettement des banques est d'environ 350 % ! Le phénomène de la déflation est classique, car on a pu l’observer déjà dans les années 30 aux Etats-Unis, puis au Japon au milieu des années 90. D’ailleurs, le Japon n'est toujours pas sorti de la trappe déflationniste.

Re: Contributions au débat politique

Posté : 10 sept. 2014 11:32
par jesperolsen
C'est toi qui m'insulte.
J'ai seulement insinué.
Devant un tribunal, je me défendrais fourbassement en indiquant que le Laval auquel je faisais référence était uniquement le Laval de la déflation. Pas celui de la collaboration.

Re: Contributions au débat politique

Posté : 10 sept. 2014 11:41
par Vltra
Il a dit "parcours" votre Honneur. "Parcours", c'est pas neutre.

Re: Contributions au débat politique

Posté : 10 sept. 2014 11:51
par Jon Machin
ah mais je ne veux absolument pas des emplois précaires à la mode allemande ou anglaise, un truc de fou, tu ne peux pas vivre, un gros cache misère pour masquer des chiffres et là je ne parle pas de travail mais de retour au servage
mais le truc delire, ce sont les mecs qui ont un emploi bien rémunéré, au chaud dans un bocal, qui ne peuvent vouloir qu'une infamie pareille

Re: Contributions au débat politique

Posté : 10 sept. 2014 12:15
par Isaac
La précarité de l'emploi, c'est aussi la précarité du logement. Quelle agence ou proprio accepte de louer quand t'as pasnde CDI ?
Graham on a bien compris que t'avais la possibilité de ne pas penser à l'intérêt collectif, de ne penser qu'à ta gueule, comme l'ancien gauchiste que tu n'as de toute façon jamais été.
Par contre la décence voudrait qu'à un moment tu la fermes, ta gueule.

Re: Contributions au débat politique

Posté : 10 sept. 2014 12:39
par Isaac
babo a écrit :Sinon, puisque vous avez évoqué ailleurs Onfray, sa dernière intervention en Suisse m'a fait un peu mal au cul.

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/l- ... ayer/popup" onclick="window.open(this.href);return false;
Tweet: https://twitter.com/michelonfray/status/509602941108772864 :|

Re: Contributions au débat politique

Posté : 10 sept. 2014 12:45
par 18cher
:?:
Ma fille joue (aussi ) aux petites voitures , c'est grave Madame Boutin ? :roll:

Re: Contributions au débat politique

Posté : 10 sept. 2014 12:46
par Simply the Best
Michel Onfray est décidément un immense philosophe <3