D'après le Collectif pour un audit citoyen de la dette, la part des dépenses de l'Etat rapporté au PIB a baissé de deux points entre 1978 et 2012. Le déficit vient des réductions d'impôts accordés aux plus riches et des intérêts accordés aux riches prêteurs.graham a écrit :J'ai pas bien compris ce que j'étais sensé sous-entendre. Je disais qu'il y avait trop de fonctionnaires pour qu'ils soient bien payés.
On peut reprendre, l'assertion de l'auteur d'un article d'un canard peu goûté par ici, que l'adversaire de Hollande n'est pas la finance, mais les salaires. Sur cette politique actuelle visant les salaires, on voit le chemin qui conduit à la récession selon l'équation suivante :
↓ salaires = ↓ consommation = ↓ production = ↓ investissements = ↓ prix = déflation = ↑ dette = ↓ dépense publique = ↓ salaires...etc.
Une spirale entamée en 1983 avec ce que l'économiste Alain Cota a appelé le "don Delors" : la désindexation des salaires sur l'inflation, soit 232 milliards de francs prélevés sur les salaires entre 1983 et 1986.
La logique marche à plein avec notre président de droite complexée, puisqu'entre juillet 2012 et juillet 2014, le pouvoir d'achat du smic net a baissé de 1,5%.
Le libéralisme échevelé se nourrit de la crise et n'a aucune raison de vouloir en finir avec elle, puisqu'il ne gagne jamais autant qu'en temps de crise, tandis qu'il obtient la destruction de la justice sociale. Pour la première fois depuis l'après-guerre, les employeurs ont obtenu le droit d'avoir les mains libres pour baisser les salaires, augmenter les heures travaillées ou obliger l'employé à changer d'unité de production quel que soit le contrat. Il faut certes obtenir l'accord de syndicats représentant plus de 50% des salariés. Mais en période de chômage massif, ce n'est guère difficile !
Chez Renault, l'accord a conduit à augmenter le temps de travail en réduisant le nombre de jours de congés (de 16% en moyenne), à bloquer les salaires tout en réduisant les effectifs de 15%. Pas étonnant que le groupe ait multiplié ses profits par 20 !
Comme le résume Frédéric Lordon, il est plus simple de fustiger les postiers et les cheminots comme des "preneurs d'otages", que le capital, qui vise bel et bien à mettre la société tout entière sous sa coupe réglée. Car, quand l'accès à la monnaie est le point de passage obligé de la simple survie, il apparaît que le fond du salariat, c'est le pistolet sur la tempe.
