Re: Gilet jaune
Posté : 07 déc. 2018 13:43
et tu peux faire un copier coller peut être ? merci
Forum des supporters du Stade Malherbe Caen
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et tu peux faire un copier coller peut être ? merci
Jean-François Bayart a écrit : Ils demandent d’abord la dignité. Celle dont les privent sournoisement, aux yeux de leur famille, notamment de leurs enfants, et de leur voisinage, la perte de leur pouvoir d’achat ou leur précarité ou leur chômage. Celle que bafoue jour après jour la « simplification administrative » qui les laisse démunis face à leur ordinateur dans un monde bureaucratique dématérialisé, mais de plus en plus tentaculaire, et prompt à leur faire payer un nombre croissant de prestations obligatoires ou indispensables jadis gratuites, à se montrer plus impitoyable que jamais dans le prélèvement de contributions légitimes et néanmoins opaques à force de technicité, à exiger des formalités sans fin et toujours plus complexes.
La dignité, aussi, que foulent aux pieds la Sécurité routière multipliant les obligations onéreuses – le Contrôle technique toujours plus draconien et coûteux, les amendes de plus en plus élevées, les stages de rattrapage de points du permis de conduire, et la détention d’un gilet jaune par passager dans l’habitacle –, l’automaticité des contrôles radar que l’abaissement de la vitesse à 80 km/heure rend plus voraces, la mise hors la loi de conducteurs privés de permis, et donc d’assurance, sans qu’ils puissent se priver de rouler sauf à perdre leur emploi et toute vie sociale – en bref, ce qui est perçu comme un harcèlement déshumanisé, voire un surcroît de répression policière, alors même que le réseau routier n’a cessé de se dégrader, une répression dont les ronds-points sont les hauts lieux, avec leurs contrôles aléatoires.
La dignité de leur travail, que ruine au jour le jour la « bureaucratisation néolibérale » avec son cortège de mini contraintes irritantes comme des piqûres de moustique et son tsunami de normes plus ou moins ubuesques et chronophages.
La dignité, surtout, que méprise le Souverain quand il parle du « pognon de dingue » que coûte leur pauvreté, qui leur enjoint de traverser la rue pour trouver du travail, qui les traite de paresseux irréformables, qui les infantilise en leur citant Barthes pour railler leur attachement à la voiture.
Certes, les Gilets jaunes n’ont qu’à s’en prendre qu’à eux-mêmes. Ils ont déserté les urnes, ou ont voté pour des partis de droite et de gauche dont la politique économique les a menés là où ils se trouvent. Ils ont bêlé avec le troupeau contre les fonctionnaires, et en faveur de la réduction de la dépense publique qui a détruit les services non moins publics, en les condamnant de ce fait à la voiture et aux kilomètres. Ils ont stigmatisé le principe de l’impôt sans vouloir voir ce que celui-ci leur rapportait en équipements, et sans porter leur critique sur l’injustice de sa répartition. Et, osons le dire, ils ont fait preuve d’une grande bêtise civique en acceptant, depuis les années 1980, tous les fondamentaux de la politique néolibérale qui les a conduits dans le mur, en s’accommodant d’un régime de quotidien unique dans les départements, rétif à tout débat contradictoire sur les questions d’intérêt local ou national, en acceptant de regarder des chaînes télévisées qui sont autant d’insultes à l’information et même à la langue française, en se consolant dans les fadaises complotistes des réseaux sociaux, et en croyant que les grandes surfaces et autres zones commerciales périurbaines rasaient gratis alors qu’elles leur tondaient la laine sur le dos.
Mais, une fois que l’on a éprouvé cette joie mauvaise de voir les Gilets jaunes rattrapés par leur inconséquence politique, que fait-on d’eux ?
Le mouvement des Gilets jaunes dissipe l’ « illusion identitaire », qui prévaut depuis les années 1980, pour remettre au centre du jeu la question sociale. Et sa protestation s’en prend à la répartition inique de la charge fiscale que nécessite une transition énergétique dont nul ne conteste le principe.
Son discours est un gigantesque fourre-tout, un grand n’importe quoi. Néanmoins, pour la première fois depuis bien longtemps, le pays, ou une part appréciable de celui-ci, se lève pour crier : « Tais-toi, bouffon ! ».
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l’enkystement du chômage, le durcissement des conditions de travail et d’étude, la déqualification ou la disqualification des métiers, l’aggravation des inégalités, la déstabilisation des grands services publics tels que la SNCF, le réseau routier, la Sécurité sociale, l’hôpital, La Poste, l’Université. Loin de s’être éclairci, l’horizon n’a cessé de s’assombrir. Dans le même temps, ces services, de moins en bien assurés, et qui, dans l’imaginaire français, sont bien plus que de simples entreprises, mais de véritables repères nationaux, sont devenus beaucoup plus coûteux pour leurs usagers.
Les tenants de l’Etat, qui en sont directement responsables, n’ont d’autres solutions que la fuite en avant, quitte à brûler les dieux qu’ils adoraient hier et dont ils ont imposé le culte : les privatisations, les partenariats public-privé, la tarification à l’acte à l’hôpital, le recours systématique à la sous-traitance, le démantèlement des protections sociales des travailleurs, la précarisation de l’emploi, l’ubérisation de la société, la dématérialisation systématique de ses relations avec l’administration.
Ceux-là mêmes qui ont mis en œuvre de telles politiques doivent concéder que « cela ne marche pas », mais soutiennent mordicus qu’il suffit de faire pire ?
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le président de la République n’a jamais eu de majorité dans le pays pour passer en force. Son narcissisme l’a aveuglé et empêché de comprendre qu’il n’avait pas les moyens de son hybris.
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les médias et les intellectuels ne sont plus écoutés dans le pays, ce qui rend difficile la mise en forme de la colère ou de la haine sociale.
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Le risque est réel de voir l’extrême-droite rafler la mise, dans un contexte européen qui booste les identitaristes, à quelques mois d’une consultation pour laquelle le Rassemblement national était déjà au coude à coude avec la République en marche, avant même les événements de ces quinze derniers jours.
Il est non moins grand de voir surgir un nouveau mouvement politique du type de Cinq Etoiles en Italie, dont un Eric Zemmour, ou son clone, pourrait prendre la tête.
La réponse de l’Etat, pathétique dans son technocratisme – une prime par ici, une suppression de taxe par là – est inaudible, incompréhensible, et elle rend malheureusement probable l’affaissement d’un régime qui n’est plus représentatif de rien.
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Blindés légers dans les rues de Paris, Flash-Ball et grenades GLI-F4 employés contre des adolescents, mutisme obstiné de Jupiter, fébrilité de son fusible de Premier ministre : l’Insurrection viendrait-elle ?
La télé et YouTube.l exile a écrit :La télé faut juste l'éteindre, personne ne peux la regarder tout en contrôlant son impact.
C'est comme les pubs, et d'une manière générale tout ce que nous lisons ou voyons, on échappe pas à son environnement surtout quand celui ci est fait pour nous influencer grandement.
DoubleCompte a écrit :et tu peux faire un copier coller peut être ? merci
Bon. Encore une fois, les médias sont plein de "chroniqueurs" ou "invités" qui sont opposés à l'immigration ou au mariahe gay donc à un moment, il faut arrêter de prétendre qu'ils n'ont pas la parole, c'est complètement faux.rix a écrit : Et donc il suffit d'accuser quelqu'un de ces délits pour lui fermer le micro. Si tu es contre la mariage gay tu es homophobe, si tu veux limiter l'immigration tu es raciste, donc seuls ont droit de s'exprimer ceux qui sont pour, et tu appelles ça du pluralisme, seuls peuvent s'exprimer les journalistes qui sont pour.
Excuse moi, après ta première phrase je n'ai pas eu envie de poursuivre ma lecture.
Mais personne ne dit l'inverse, bien au contraire.arcisse a écrit :Vous êtes vraiment trop cons...
Y a pas besoin d'appartenir à un parti pour aller gueuler.
Y a juste une logique que ça couvre de l'extrême gauche jusqu'à l'extrême droite, un peu comme l'ensemble d'un pays.
Si mais tu dois les avoir en ignorésMolko a écrit :Mais personne ne dit l'inverse, bien au contraire.arcisse a écrit :Vous êtes vraiment trop cons...
Y a pas besoin d'appartenir à un parti pour aller gueuler.
Y a juste une logique que ça couvre de l'extrême gauche jusqu'à l'extrême droite, un peu comme l'ensemble d'un pays.