banal a écrit :
Enfin, ton modèle utopiste communiste me plait bien également mais est ce que tu crois qu'il a réellement une chance de s'imposer dans notre si joli monde ?
Il n'est pas nécessaire de convoquer le vocable "communiste", d'ailleurs je peux te renvoyer à des textes du XVIIe ou du XVIIIe siècles qui montrent que la domination des puissants ne tient qu'à l'acceptation de la domination par les dominés. Or, aujourd'hui l'équation est simple : l'immense majorité de l'Humanité a si peu à perdre, tandis qu'une poignée de personnes a tout à perdre : cessons donc d'être leurs esclaves.
"Le suc abondant qui nourrit toutes ces superbes et orgueilleuses nations dont je viens de parler, sont les grandes richesses, et les gros revenus qu'ils tirent tous les jours du pénible travail, ou des pénibles travaux de vos mains. Car ce n'est que de vous, et ce n'est que par votre industrie, et par vos pénibles travaux, que vient l'abondance de tous les biens, et de toutes les richesses de la terre. C'est ce suc abondant, qu'ils tirent de vos mains, qui les entretient, qui les nourrit, qui les engraisse, et qui les rend si forts, si puissants, si orgueilleux, si fiers et si superbes qu'ils sont. Mais voulez vous, peuples, voulez-vous faire entièrement sécher toutes les racines de ces superbes et orgueilleuses nations-là ? Privez-les seulement de ce suc abondant, qu'ils tirent par vos mains de vos peines et de vos travaux. Retenez vous-mêmes, par vos mains, toutes ces richesses, et tous ces biens que vous faites si abondament venir, à la sueur de vos corps ; retenez-les pour vous-mêmes, et pour tous vos semblables ;
n'en donnez rien à ces superbes et riches fainéants; n'en donnez rien à tous ces moines et ecclésiastiques inutiles ; n'en donnez rien à ces fières et orgueilleuses noblesses ; n'en donnez rien à ces superbes et orgueilleux tyrans, ni à ceux qui les servent.[...]et par ce moyen vous les verrez bientôt sécher, comme sécheraient des herbes et des plantes dont les racines ne suceraient plus le suc de la terre."
Jean Meslier,
Mémoires, vers 1720.
L'histoire n'est pas la science du passé, mais la science des hommes dans le temps.