Contributions au débat politique

Malherbe, Foot, HS, c'est ici.

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L'Richos
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Re: Contributions au débat politique

#22681 Message par L'Richos »

Pour l'Educ Nationale, le gros problème, en effet, c'est sa volonté, à chaque fois, de passer en force ; sa méthode, c'est de la merde, l'accompagnement du changement, c'est pas son truc.
Par contre, au niveau de idées, il a l'air volontaire pour changer des choses qui fonctionnent mal, en donnant, par exemple, plus de place aux pédagogies alternatives en petites classes (voir l'expérimentation extraordinaire d'évidence et d'efficacité de Céline Alvarez qu'il avait contribué à favoriser), ainsi que plus d'autonomie pour les établissements (enfin !).
J'attends de voir, personnellement.

NB : je précise que ma petite femme s'est reconvertie récemment pour devenir prof des écoles, motivée par ce qu'a réussi à faire Céline Alvarez ; c'est un sujet sensible à la maison étant donné le constat calamiteux que nous faisons sur les établissements (et, malheureusement souvent, sur leurs enseignants) par lesquels sont passés ou passent nos trois enfants...
Pas de généralité sur les personnes évidemment, mais un système qui sclérose les prises d'initiatives positives, toute forme d'innovation légèrement en décalage avec "la norme" dictée par l'inspecteur et/ou le recteur, et qui condamne les nouveaux profs motivés à changer d'établissement tous les ans pendant plus de dix ans, voire de jongler entre plusieurs établissements la même année et donc à l'impossibilité d'une intégration pédagogique de long terme avec ses collègues ou avec un niveau de cycle...
[...] si j’étais médecin et que je sauve la vie à quelqu’un, et que ce quelqu’un à son réveil se mette à remercier Jésus, j’aurais envie de lui enfoncer une paire de forceps dans le cul en lui conseillant de demander à Jésus de venir les lui enlever.
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Viking_14
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Re: Contributions au débat politique

#22682 Message par Viking_14 »

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titi trèsloin
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Re: Contributions au débat politique

#22683 Message par titi trèsloin »

Sur Céline Alvarez, je n'en dirais pas trop mais quelle grosse conne.

Je ne sais pas ce qu'en pense BigDD mais les retours que j'ai de nombreux profs des écoles sont salés.
Caen, ville forte riche, spacieuse, belle de ses rivières, de ses prairies, de son port de mer ; elle se pare de tant d'églises, de maisons et d'habitants que c'est à peine si elle se reconnaît inférieure à Paris. GUILLAUME LE BRETON. Philippide, 1. VIII.
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Viking_14
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Re: Contributions au débat politique

#22684 Message par Viking_14 »

L'Richos a écrit :Pour l'Educ Nationale, le gros problème, en effet, c'est sa volonté, à chaque fois, de passer en force ; sa méthode, c'est de la merde, l'accompagnement du changement, c'est pas son truc.
Par contre, au niveau de idées, il a l'air volontaire pour changer des choses qui fonctionnent mal, en donnant, par exemple, plus de place aux pédagogies alternatives en petites classes (voir l'expérimentation extraordinaire d'évidence et d'efficacité de Céline Alvarez qu'il avait contribué à favoriser), ainsi que plus d'autonomie pour les établissements (enfin !).
J'attends de voir, personnellement.
.
C'est clair!!! ENFIN, ENFIN, on va pouvoir avoir un système scolaire à 3 ou 4 vitesses!!! ENFIN, on va pourvoir s'assurer que nos enfants ne se retrouva dans des écoles de prolos!! ENFIN, on va pouvoir concentrer le max de moyen sur les enfants de bobos, et pour les classes populaires, pas de problème, on prévoit de construire 15000 places de prison supplémentaire pour leurs rejetons.

C'est clair, l'autonomie des établissement, ça va être géniale....
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Molko
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Re: Contributions au débat politique

#22685 Message par Molko »

Et puis les enfants de bobos sont la cause des malheurs du monde, c'est bien connu.
Tel est mon bon plaisir.
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Re: Contributions au débat politique

#22686 Message par M.O.P »

titi trèsloin a écrit :Sur Céline Alvarez, je n'en dirais pas trop mais quelle grosse conne.

Je ne sais pas ce qu'en pense BigDD mais les retours que j'ai de nombreux profs des écoles sont salés.
J'ai pas osé mais +1
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Abidbol
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Re: Contributions au débat politique

#22687 Message par Abidbol »

Viking_14 a écrit :
C'est clair!!! ENFIN, ENFIN, on va pouvoir avoir un système scolaire à 3 ou 4 vitesses!!! ENFIN, on va pourvoir s'assurer que nos enfants ne se retrouva dans des écoles de prolos!! ENFIN, on va pouvoir concentrer le max de moyen sur les enfants de bobos, et pour les classes populaires, pas de problème, on prévoit de construire 15000 places de prison supplémentaire pour leurs rejetons.

C'est clair, l'autonomie des établissement, ça va être géniale....
Pourquoi ENFIN alors que c'est la situation actuelle ?
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Viking_14
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Re: Contributions au débat politique

#22688 Message par Viking_14 »

Abidbol a écrit :
Viking_14 a écrit :
C'est clair!!! ENFIN, ENFIN, on va pouvoir avoir un système scolaire à 3 ou 4 vitesses!!! ENFIN, on va pourvoir s'assurer que nos enfants ne se retrouva dans des écoles de prolos!! ENFIN, on va pouvoir concentrer le max de moyen sur les enfants de bobos, et pour les classes populaires, pas de problème, on prévoit de construire 15000 places de prison supplémentaire pour leurs rejetons.

C'est clair, l'autonomie des établissement, ça va être géniale....
Pourquoi ENFIN alors que c'est la situation actuelle ?
Parce qu'avec l'autonomie des établissements, ça va accentuer gravement les inégalités déjà présentes.
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Abidbol
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Re: Contributions au débat politique

#22689 Message par Abidbol »

Ça me paraît bien péremptoire.
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NickP
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Re: Contributions au débat politique

#22690 Message par NickP »

Fruit d'une lecture des Macronleaks dont la presse a été sommée de n'en jamais parler, sauf bien entendu pour souligner l’instrumentalisation abjecte qu'a tenté d'en faire le FN et la fachosphere, un point de vue intéressant du Groupe Vernant (groupe d'universitaires) sur la tambouille Macron qui se prépare dans l'éducation nationale et l'enseignement supérieur... (avec un peu d'Alvarez dedans... , et des nouveaux ministres Blanquer et Vidal)


(lien : La Lutte des Places)
Les gens qui ne pensent qu'aux aspects de fond, ce sont de belles âmes, mais comme ils ne gagnent pas, on en a un peu rien à foutre".
Edouard Philippe [1]

La colère des classes moyennes se poursuit, délaissant, dédaigneuse, les deux grands partis de gouvernement, en cours de dislocation. Si M. Fillon a conservé, lors de l’élection récente, une assise honorable, il ne le doit qu’aux plus de 65 ans, statistiquement conservateurs et électeurs assidus. Le populisme de M. Macron a optimalement fonctionné et offre au néolibéralisme une adhésion qui a pratiquement doublé, puisqu’elle atteint maintenant 10% du corps électoral [2]. Ainsi, le vieux monde s’offre un peu de répit en prolongeant pour quelque temps son règne avec, pour tout navire amiral, un canot de sauvetage.
Pour notre part, nous inscrivons nos réflexions dans une autre temporalité. Loin de nous limiter à mettre au jour le programme bien caché de M. Macron, nous entamons une exploration des groupes d’influence du supérieur. La publication en ligne des documents de travail de l’équipe de campagne de M. Macron apporte soudainement nombre d’éléments factuels qui nous faisaient défaut. Malgré la présence de deux experts en sécurité informatique envoyés par l’Elysée, cinq proches de M. Macron ont livré leurs mots de passe lors d’une opération d’hameçonnage (phishing) baptisée MacronLeaks, qui s’ajoute à la longue liste des manœuvres nauséabondes de la campagne électorale. Il n’est évidemment pas question de reproduire ici des échanges à caractère privé mais de proposer une analyse motivée par l’intérêt général qui consiste à éclairer la nature des relations que des groupes d’influence entretiennent avec le pouvoir.

La start-up En Marche a, selon les préceptes du centralisme technocratique, une gouvernance resserrée structurée en cercles concentriques. M. Macron (appelé “EM” ou “le chef” ou “le boss”) est au centre, entouré d’un premier cercle, très restreint, qui a le pouvoir d’arbitrage. M. Kohler est le bras droit de M. Macron. M. Pisani-Ferry assure la coordination du programme, et il est secondé par un jeune économiste, M. Amiel. Les autres personnages du premier cercle sont des communicants ou des stratèges politiques, comme M. Emelien : l’objet de la campagne n’est pas de produire des idées politiques publiques mais des éléments de langage calibrés pour des segments électoraux.
Le deuxième cercle complète le premier : des managers de pôles thématiques, M. Bigorgne, M. Casas, M. Cazenave, M. Piechaczyk, qui sont chargés de chapeauter des chefs de groupe et de consolider [sic] les documents programmatiques. L’enseignement supérieur et la recherche sont rattachés au pôle “société”, dont M. Bigorgne est en charge. Après avoir été formé par M. Descoings, dont il était le bras droit, M. Bigorgne est devenu directeur de l’Institut Montaigne [3], président d’Agir pour l'Ecole et vice-président de Teach for France [4]. Toutes ces officines partagent, par des moyens d’action distincts, un même objectif : introduire du marché dans le système scolaire, promouvoir le principe du chèque éducation, l’enseignement privé et les charter schools (écoles publiques déléguées à des groupes privés manageant, à la manière d’Easy-Jet, des enseignants précarisés, non formés, dépossédés de tout : le nom décrit bien l’ambition) et, dans l’intervalle, promouvoir une organisation managériale des établissements scolaires.
Le travail de sape de ces machines de guerre contre l’école républicaine est passé, dans les derniers temps, par la construction de chevaux de Troie se travestissant en promotion des pédagogies émancipatrices. La plus grande réussite, symptomatique, est sans conteste la promotion de l’imposture de Mme Alvarez, une “enseignante très temporaire” [5], avec la complicité de M. Blanquer [6], alors DGESCO dans le ministère de L. Chatel — on a les intellectuels organiques qu’on mérite — faite de bidonnage (en particulier sur les moyens), de communication, de gadgets marchands, de mise en oeuvre d’un enseignement si individualiste qu’il en renonce à sa fonction de socialisation, sur fond d’obscurantisme confinant à un usage religieux des neurosciences et prétendant tirer des conclusions d’une expérience limitée à une classe, tout en mobilisant les ressorts d’un véritable matraquage médiatique. S’y testait déjà l’enrobage ésotérique — tendance “indie mystique”— sur la libération d’“énergies” qui a fait le succès de M. Macron.
L’imposture de M. Aberkane [7], conçue sur le même principe et promue par le même réseau, connaît une fortune plus diverse. Notons que l’Institut Montaigne de M. Bigorgne a également coproduit le programme de M. Fillon, par l’entremise de M. de Castries [8] et celui de M. Juppé par l’entremise de M. Blanquer. L’air de famille entre les trois programmes s’explique de fait, une proximité qui facilite les nominations gouvernementales en forme d’ouverture (à la société civile ou à LR), mais qui ne font qu’assurer des continuités.
Le troisième cercle comprend ceux qui ont contribué directement au programme. Il est constitué de M. Coulhon [9], chef du groupe En Marche pour l’enseignement supérieur et la recherche, de M. Aghion, théoricien des politiques menées depuis 10 ans [10], de M. Lichtenberger [11], du groupe Marc Bloch et de Terra Nova [12] et de M. Korolitski, qui met en œuvre les programmes IDEX/ISITE, LABEX, EQUIPEX, IDEFI, Instituts Convergences, formations numériques, ainsi que ceux du PIA3 au Commissariat général à l’investissement — il avait auparavant œuvré onze ans au ministère, notamment pour concevoir et déployer le système LMD. Est-ce l’usure que suscite une trop longue participation à la machine bureaucratique ? Ce groupe d’épuisés s’est assuré les services de sherpas. L’un, X-Mines, est allé pantoufler chez Axa avant de procéder à un rétro-pantouflage à l’Inspection Générale des Finances ; une autre, ENA-Conseil d'État, est en attente de pouvoir pantoufler ; un troisième a été recruté maître de conférence pour, instantanément, être absorbé dans la technostructure de son université comme lobbyiste auprès des institutions européennes ; la quatrième (ENS-Sciences Po) a fait ses armes comme plume au cabinet du premier ministre. Les sherpas compilent — avec une efficacité remarquable — des rapports pour produire des notes programmatiques sans relief ni pensée qu’annotent, en marge, les seniors du groupe. Pour donner un aperçu de l’enfilage de perles que constituent ces notes, le pitch politique (sic) commence par cette sentence : “l’enseignement supérieur, c’est le lycée du 21ème siècle”. Le rôle de M. Coulhon a été d’œuvrer à l’euphémisation pour que rien ne soit dit clairement du programme réel : abaissement des coûts par la sélection et raccourcissement de la durée des études, suppression du CNU pour permettre un recrutement par les présidences d’université, hors de la fonction publique, différenciation des statuts des universitaires, différenciation des statuts et des ressources des établissements au résultat, budget en berne, etc.

Le troisième cercle pratique, comme il se doit, l’auto-évaluation : “On ne dit rien sur les grandes écoles, d’ailleurs elles n’existent pas. Rien sur l’innovation, pas de rapport entre l’enseignement supérieur et l’économie, vu le profil de notre candidat, c’est dommage. L’évaluation : on réinvente l’eau tiède. [...] Et la recherche ? Et l’excellence ? Et sur les initiatives d’excellence, on régresse par rapport à Sarko et Hollande ? [...] Recrutement local mais avec normes nationales et procédures nationales ? On avance ou on recule ? [...] Sur le budget, finalement, rien de rien. Finalement, si c’est du Hamon sans fric et avec un peu plus d’autonomie mais pas autant que chez Fillon, ça ne va pas faire rêver…”.
Sur la présentation par M. Hetzel du programme de M.Fillon : “Honnêtement, il n'y a pas grand chose à redire. [...] On pourrait reprendre l’intégralité de l’interview sauf peut-être les poncifs sur les ComUE et le top-down”.
L’évaluation du programme pour l’Enseignement Supérieur et la Recherche à l’intérieur du premier cercle d’En Marche est plus cruelle encore : “C’est une liste (courte) de voeux pieux : développer les filières courtes qualifiantes, lesquelles ? Renforcer le rôle des universités dans la formation professionnelle, pourquoi ? Renforcer la visibilité internationale, comment ? Même les moyens ne sont pas précis, à part pour demander 2 milliards où là c’est clair, renforcer l’autonomie pour faire quoi concrètement ? Je trouve que pour un truc qui utilise la typo de l’IGF, c’est très décevant, franchement.
L’arbitrage sur la demande de moyens tombe sèchement, lui aussi, du premier cercle : “Ok sur les objectifs mais je n’ai pas les 2 milliards”.
Sautons temporairement le quatrième cercle pour passer au cinquième cercle, qui se compose des candidats aux législatives, recrutés par des méthodes inspirées du secteur privé, conformément à la stratégie de marketing politique qui a assuré l’élection du produit de l’année. Il s'agit d'obtenir l'adhésion à une division fonctionnelle du travail politique qui cantonne les parlementaires dans le rôle de simples exécutants (subordinate). À cette fin, l'investiture de la “République en marche” est soumise à la signature d'un "contrat avec la nation" qui engage les candidats sélectionnés à voter sans délibération les projets présentés par le futur gouvernement — en violation de l’article 27 de la constitution qui interdit le mandat impératif.
Le sixième cercle se compose des adhérents d’En Marche structurés en groupes (sub-nation).
Le groupe Enseignement Supérieur et Recherche d’En Marche comprend des universitaires et des chercheurs, qui dialoguent par messagerie électronique ou lors de réunions. L’un deux décrit “les bavardages sans fin autour de vieilles lunes, l’évitement systématique des vrais problèmes et le nombrilisme alternativement geignard et autosatisfait qui y règnent”.
Ce groupe, qualifié de “fan club” dans le troisième cercle, apparaît comme étant un jeu de dupes, destiné à créer de l’adhésion mais certainement pas à déterminer des politiques publiques. Comment les universitaires et chercheurs du sixième cercle ont-ils pu être crédules au point de penser que leur proposition d’augmenter le budget de 4 milliards € [13] pour aligner En Marche sur la proposition de la France Insoumise serait retenue?
A n’en pas douter, l’innovation de la start-up césariste En Marche procède d’une économie de la promesse [14]… Du sixième cercle émergent des initiatives de soutien masqué : questionnaire “apartisan” de l’Ecole Normale Supérieure [15], tribunes “apartisanes” assimilant la gauche à l’extrême droite, tribunes “apartisanes” appelant cette même gauche à participer au “front républicain”, etc. Les mêmes écrivent périodiquement des tribunes alarmistes —nécessairement “apartisanes”— sur l’avenir sombre de la recherche fondamentale, sur le sacrifice d’une génération de jeunes chercheurs, sur les budgets en berne. Ils en sont dorénavant les complices impuissants. Notons toutefois que les plus chanceux se sont vus remercier d’une invitation à la pendaison de crémaillère de l’Elysée, soirée qualifiée de “platonicienne, où l’on retrouve la réunion, et même l’union, entre le Beau, le Bien et le Vrai” par les frères Bogdanoff [16].
Le septième cercle est celui des “marcheurs” devenus tels par une adhésion effectuée en un clic. Contrairement à l’affichage, aucun de ces trois cercles extérieurs n’a eu la moindre incidence sur le programme.
Le quatrième cercle, dont nous connaissons désormais exactement les pratiques, est de loin le plus intéressant: il s’agit du cercle des courtisans, un mixte de présidents et vice-présidents d’université et d’établissement, directeurs d’instituts et de centres de recherche, recteurs, dirigeants de syndicats étudiants, tous ceux qui sont pris dans l’irréversibilité de l’engagement dans les strates bureaucratiques s’empressent, à l’heure de la curée, tentant d’anticiper ce que le “boss” attend.

Ceux-là pensent avoir compris comment prospérer sous un régime d’économie de la promesse : ils se vivent en stratèges dans l’accompagnement de la politique de la terre brûlée. Dans le quatrième cercle, on tient donc des discours exaltés appelant à augmenter la part des familles dans le financement des universités, à développer le crédit aux étudiants — quand dans le même temps, la dette étudiante a passé les 1300 milliards $ aux Etats-Unis — et le crédit aux universités, à autoriser les présidents d’université à embaucher qui ils veulent, sur les contrats qu’ils souhaitent - hors fonction publique, cela va sans dire [17]. La peur du déclassement incite ceux dont l’établissement reçoit encore des dotations lui permettant de survivre, à exiger la mise à mort de ceux qui ont déjà lâché prise. C’est tout le sens des propositions de la Coordination des universités de recherche intensive françaises (CURIF) co-signées par Mme Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation (MESRI), à télécharger ici:
http://groupejeanpierrevernant.info/CURIF_EM.pdf" onclick="window.open(this.href);return false;
http://groupejeanpierrevernant.info/pos ... l_2017.pdf" onclick="window.open(this.href);return false;

La gravité et l'urgence de la situation à laquelle les universités sont confrontées a poussé ce groupuscule gestionnaire à demander qu’on organise la course des moribonds : que chaque université se mette en marche, épouse le statut d’auto-entrepreneur et fasse preuve de bravoure en libérant ce qui leur reste d’énergie dans une ultime bataille ; si toutes seront frappées, elles ne mourront pas toutes ; si certaines trébuchent, qu’elles se fassent écraser ; si certaines sont blessées, qu’on prenne leur part de vivres ; est-ce notre faute si celles qui sont mieux dotées dès le départ sont seules in fine à franchir la ligne d’arrivée ?

Ainsi, la Coordination des universités de recherche intensive françaises (CURIF) — et donc notre ministre de tutelle — demande en toute discrétion l'assentiment de l'Etat pour pouvoir procéder au dépeçage en règle des acteurs et des moyens de l’enseignement supérieur et de la recherche. Dans ce programme, la règle du “chacun selon ses moyens” — l’égalité des chances — naturalise les “différences” entre les pauvres et les riches et fait de leur différence de “performance” la conséquence de la bonne préparation des uns et de l'insuffisant effort des autres.

On a là les prémisses d'une explosion du monde universitaire, d'une sorte de privatisation exacerbée, de la guerre de tous contre tous, sachant que, dès le départ, les uns ont des lance-pierres et les autres des drones, le tout sous couvert de défense d'un service public “pluriel”. S'il est pluriel, il n'est plus un service public, puisqu'il entérine les disparités de ressources, de moyens, de publics, etc, selon le hasard de l'histoire du développement de chaque site. La différenciation est au contraire le dispositif nécessaire à la création d’un marché. Le néolibéralisme s’est libéré des racines naturalistes du libéralisme, faisant des mécanismes économiques le fruit d’un “penchant naturel de l’Homme pour l’échange” [18]. Le néolibéralisme nie toute naturalité au marché : pour qu’il existe, il faut le produire par une intervention gouvernementale énorme destinée à promouvoir un régime d’inégalité. Si le néolibéralisme produit médiocrité et bureaucratie sans limite, c’est qu’il est par essence une méthode de gouvernement qui repose sur la production illimitée de dispositifs de mise en concurrence.

Dans le cercle des courtisans apparaissent naturellement des dirigeants de syndicats étudiants. Leur problème est avant tout d’assurer leur position d’intercesseur avec l’appareil d’Etat. Si l’ancien président de la Fage a intégré l’équipe de campagne de M. Valls, M. Hamon est naturellement entouré d’anciens membres de l’UNEF et M. Fillon de membres de l’UNI. Aussi, la question centrale posée par la FAGE est-elle : “EM participera-t-il au congrès de l'UNEF ?”. Et de proposer l’organisation de deux rencontres pour faire “de belles images pour EM” et “mesurer l'engagement d'EM vis à vis de notre réseau”. L’échange témoigne de l’âpreté de la négociation : “Si nous arrivons à créer une relation de confiance avec EM ces prochaines semaines, (...) nous ne commencerons pas le rapport de forces nécessaire pour faire valoir nos positions avant la présidentielle (malheureusement et/ou heureusement les allumettes s'enflamment vite quand il s'agit des étudiants et de la jeunesse). Qui sait par ailleurs si vous n'aurez pas besoin de la FAGE rapidement pour allumer des contre-feux si la polémique vient de l'UNEF ?” Et de fait l’argument porte et l’on s’efforce dans le troisième cercle de faire remonter la demande jusqu’au “grand chef à plumes” avec cette insistance : “c’est important : on s’en félicitera au moment où on aura besoin d’eux pour passer les réformes”. Nous voilà prévenus.
Dans le quatrième et dernier billet, nous reviendrons à nouveau sur le cercle des courtisans en nous penchant sur la mutation en cours du néolibéralisme, du règne de l’Expert à celui du Grotesque.
Si jamais ce message devait être copié/collé un jour sur un autre forum, je déclare que j'ai été victime d'une usurpation d'identité et que c'est pas moi
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Molko
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Re: Contributions au débat politique

#22691 Message par Molko »

NickP a écrit :Fruit d'une lecture des Macronleaks dont la presse a été sommée de n'en jamais parler, sauf bien entendu pour souligner l’instrumentalisation abjecte qu'a tenté d'en faire le FN et la fachosphere
:roll:

(après, sur le reste, pas mal vu)
Tel est mon bon plaisir.
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L'Richos
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Re: Contributions au débat politique

#22692 Message par L'Richos »

Viking_14 a écrit :
Abidbol a écrit :
Viking_14 a écrit :
C'est clair!!! ENFIN, ENFIN, on va pouvoir avoir un système scolaire à 3 ou 4 vitesses!!! ENFIN, on va pourvoir s'assurer que nos enfants ne se retrouva dans des écoles de prolos!! ENFIN, on va pouvoir concentrer le max de moyen sur les enfants de bobos, et pour les classes populaires, pas de problème, on prévoit de construire 15000 places de prison supplémentaire pour leurs rejetons.

C'est clair, l'autonomie des établissement, ça va être géniale....
Pourquoi ENFIN alors que c'est la situation actuelle ?
Parce qu'avec l'autonomie des établissements, ça va accentuer gravement les inégalités déjà présentes.
Je ne suis absolument pas d'accord avec toi. Mais alors pas du tout, bordel.
Arrête de te focaliser sur un pseudo idéal fraçais fantasmé qui ne marche plus du tout. Regarde ce qui se passe ailleurs, en Finlande, au Canada...
Enlève tes oeillères.
[...] si j’étais médecin et que je sauve la vie à quelqu’un, et que ce quelqu’un à son réveil se mette à remercier Jésus, j’aurais envie de lui enfoncer une paire de forceps dans le cul en lui conseillant de demander à Jésus de venir les lui enlever.
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Re: Contributions au débat politique

#22693 Message par L'Richos »

M.O.P a écrit :
titi trèsloin a écrit :Sur Céline Alvarez, je n'en dirais pas trop mais quelle grosse conne.

Je ne sais pas ce qu'en pense BigDD mais les retours que j'ai de nombreux profs des écoles sont salés.
J'ai pas osé mais +1
Ben si, exprimez-vous. Vous avez visionné ses vidéos de ses trois années de pratiques ?
Vous ne trouvez pas intéressant qu'elle ait des résultats fantastiques (scolaires et en terme d'ambiance de classe) sur ces trois années dans une classe ayant des effectifs classiques ? Qui est plus est dans un quartier soit disant difficile ?
Ben moi je trouve ça formidable.
Donc j'aimerais comprendre votre putain de véhémence envers cette fille d'ouvrier qui propose un avenir bien plus joyeux à nos enfants DANS LE CADRE DE L'E.N. GRATUITE ET UNIVERSELLE !!
[...] si j’étais médecin et que je sauve la vie à quelqu’un, et que ce quelqu’un à son réveil se mette à remercier Jésus, j’aurais envie de lui enfoncer une paire de forceps dans le cul en lui conseillant de demander à Jésus de venir les lui enlever.
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Re: Contributions au débat politique

#22694 Message par M.O.P »

L'Richos a écrit :
M.O.P a écrit :
titi trèsloin a écrit :Sur Céline Alvarez, je n'en dirais pas trop mais quelle grosse conne.

Je ne sais pas ce qu'en pense BigDD mais les retours que j'ai de nombreux profs des écoles sont salés.
J'ai pas osé mais +1
Ben si, exprimez-vous. Vous avez visionné ses vidéos de ses trois années de pratiques ?
Vous ne trouvez pas intéressant qu'elle ait des résultats fantastiques (scolaires et en terme d'ambiance de classe) sur ces trois années dans une classe ayant des effectifs classiques ? Qui est plus est dans un quartier soit disant difficile ?
Ben moi je trouve ça formidable.
Donc j'aimerais comprendre votre putain de véhémence envers cette fille d'ouvrier qui propose un avenir bien plus joyeux à nos enfants DANS LE CADRE DE L'E.N. GRATUITE ET UNIVERSELLE !!
C'est quoi le rapport :lol: ?

edit: sinon j'avais déjà développé à l'époque, la flemme et pas le temps de chercher ce que j'avais pondu.
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Re: Contributions au débat politique

#22695 Message par L'Richos »

Et puis c'est quoi cette agressivité ? Mettre les moyens sur les enfants de bobo, j'ai dit ça ? l'autonomie des établissements à un rapport avec les grosses conneries que tu sors viking ?
Je dois être con (ou bobo, ce qui a l'air de revenir au même), même je ne comprends ni ce que tu écris ni ta véhémence.
titi trèsloin a écrit :Sur Céline Alvarez, je n'en dirais pas trop mais quelle grosse conne.

Je ne sais pas ce qu'en pense BigDD mais les retours que j'ai de nombreux profs des écoles sont salés.
Ah ben oui, bien sûr, on m'a dit que. Donc c'est une putain de vérité non ?
Là encore, que de véhémence !!

edit pour MOP : le rapport, c'est que c'est vachement une "bobo", que son expérience intéresse grandement les sociologues à la recherche de la réduction des inégalités entre les enfants des différentes classes sociales ; il est là le rapport, ce n'est justement pas pour les "bobos", c'est pour que les enfants d'ouvrier aient les même chances que les enfants de "bobos" grâce à l'école, ce qui n'est absolument pas le cas aujourd'hui avec ce formidable système E.N. français
[...] si j’étais médecin et que je sauve la vie à quelqu’un, et que ce quelqu’un à son réveil se mette à remercier Jésus, j’aurais envie de lui enfoncer une paire de forceps dans le cul en lui conseillant de demander à Jésus de venir les lui enlever.
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